Un bilan GES est un point de départ. Pour qu'il devienne un outil de pilotage, il faut ensuite se fixer une cible de réduction. Mais laquelle ? La Science Based Targets initiative (SBTi) répond à cette question en proposant des cibles alignées sur les trajectoires que la science climatique juge nécessaires pour limiter le réchauffement à 1,5 °C et atteindre la carboneutralité en 2050 au plus tard.
Issue d'un partenariat entre le CDP, le Pacte mondial des Nations unies, le World Resources Institute et le WWF, la SBTi a validé les cibles de plus de 11 000 entreprises dans le monde. Elle fait aujourd'hui figure de référence internationale.
Comment fonctionne la SBTi
La SBTi repose sur une séparation des rôles. D’un côté, l’organisme, un organisme de bienfaisance enregistré au Royaume-Uni, élabore les normes et les méthodes de calcul des cibles à partir des trajectoires de réduction établies par la science climatique. De l’autre, sa filiale SBTi Services, qui agit de façon indépendante, examine les cibles soumises par les entreprises et les valide contre rémunération. La démarche suit des étapes simples : l’entreprise s’inscrit, réalise son inventaire de GES, calcule ses cibles selon les méthodes de la SBTi, puis les soumet pour validation. Une fois approuvées, les cibles sont publiées sur le site de la SBTi, et l’entreprise s’engage à rendre compte chaque année de ses progrès. Les cibles s’inscrivent dans des cycles de cinq ans, au terme desquels elles sont réévaluées. Deux principes encadrent l’ensemble : les réductions doivent être réelles et mesurées dans l’inventaire de l’entreprise, et l’achat de crédits carbone ne compte pas pour atteindre une cible. Enfin, la SBTi ne vérifie pas elle-même les données d’émissions : leur exactitude relève de l’entreprise.